vendredi 21 février 2020

Lyhuoy et Dy

Vous m'entendez souvent parler d'eux, mais savez vous d'où viennent ces 2 relations très privilégiées?

Je les ai vu la première fois en 2014, lorsqu'ils étaient encore en dernière année de collège à Beong Preah. Elèves studieux en informatique (je vous rappelle qu'il n'y avait que 2 ordis pour tout l'école !) rien de particulier les faisaient sortir du lot si ce n'est que lors de la visite de Virginie et James, ils ont été désignés pour nous accompagner lors des différentes visites à Beong. Leur sérieux et gentillesse ont eu vite fait de nous rapprocher et bien qu'ayant quittés ce collège en 2015 pour le lycée, nous n'avons pas perdu contact et avons multiplié les rencontres. En 2016 puis 2017 ils ont continué leur études sanctionnées par l'équivalent du bac. A chacun de mes séjours nous ne loupions  aucune occasion pour nous voir, et continuions les message sur Facebook tout au long de l'année.

Elèves studieux et brillants, ils ont cependant choisi des chemins totalement différents après leur Bac.

Fils d'agriculteur, malgré tous les sacrifices financiers que celà peut entrainer, Dy est parti à Phnom Penh pour suivre une école d'ingénieur. Le choc a été dur : plus de famille autour de lui, vivre seul en cohabitation dans une ville qu'il connaissait peu, mais surtout certains cours en français, langue qu'il ne connaissait pas. Grâce aux 6 à 8 heures de français par semaine il a maintenant acquis suffisamment d'aisance pour servir d'interprête accompagnateur lors de réunions internationales, et s'implique énormément dans la vie locale, participant à de nombreuses manifestations caritatives.

Il lui reste encore 2  ans avant d'avoir son diplôme mais je n'ai aucun doute sur sa réussite.

Lyhuoy a elle choisi une toute autre voie. Dernière fille d'une famille d'agriculteur dont le père est décédé depuis notre rencontre, elle a commencé des études d'anglais mais très vite elle a choisi de travailler parallèlement pour aider sa mère. Très volontaire, ses débuts comme serveuse l'ont rapidement amenée à prendre plus de responsabilité dans le restaurant où elle travaille.

Vous trouverez un peu plus bas la traduction d'un article qui lui est consacré.

L'âge venant, ils ont quitté le statut d'ados pour celui de jeunes adultes. Nos relations ont aussi beaucoup évoluées. Alors qu'avant ils me demandaient conseil pour leur futur, ils me présentent leurs objectifs et la manière d'y arriver. Reste aussi cette profonde amitié qui nous fait chaud au coeur lors de nos rencontres

À la différence de centaines de jeunes travailleurs de l'accueil à Kampot, Lihuoy Tiev (20 ans) a
commencé à obtenir des revenus du secteur du tourisme juste après son diplôme d'études
secondaires. Lihuoy vit à Kampot, l'une des quatre provinces côtières cambodgiennes et
également un site de visite populaire. La région côtière à elle seule a généré plus de 800 000
touristes en 2018.1 Le grand nombre de touristes à son tour fait peser une forte demande sur
les travailleurs qualifiés. Cela représentait un défi pour Lihuoy, y compris de nombreux
travailleurs locaux qui ne pouvaient pas accumuler suffisamment de compétences en matière
d'accueil.

Malgré l'absence de compétences en matière d'hospitalité, fin 2017, Lihuoy a commencé à
travailler dans un restaurant local, l'Atelier, car elle devait subvenir aux besoins de sa famille
composée de sa mère et de sa nièce. Elle a commencé le travail en tant que personnel de
service. Même le travail n'était pas le mieux payé, mais sa détermination et son engagement
dans le domaine de l'hôtellerie sont alimentés par sa propre passion. En tant que personnel de
service, son savoir-faire de base est basé sur quelques instructions de ses collègues et son
observation; car son sens de l'accueil est d'apprendre de la pratique. La formation en hôtellerie
n'est nouvelle pour elle qu'après avoir été informée par le responsable du cours de formation
HoKa (Hospitality for Kampuchea). C'était intéressant pour elle, et elle a rejoint la formation
en 2018. Elle a poursuivi: «Il [le manager] ne m'a pas directement référé à la formation ... mais
je pense que c'est une bonne opportunité pour moi, car je n'ai jamais rejoint encore une
formation en hôtellerie. »
À Kampot, plus de 6 300 travailleurs travaillent dans le secteur du tourisme, dont 30%
seulement ont été formés d'une manière ou d'une autre2; Lihuoy est l'un des soixante-quatorze
les travailleurs de l'hôtellerie qui ont été formés par HoKa. HoKa est une formation interne à
double approche dispensée par le programme Mekong Inclusive Growth and Innovation
(MIGIP) de Swisscontact, destinée aux travailleurs peu qualifiés des hôtels et restaurants de
petite et moyenne taille. Le cours a fourni une connaissance approfondie des compétences
axées sur l'industrie, des compétences dures - servir des boissons alcoolisées et non alcoolisées
aux compétences générales - vente, sécurité et efficacité de la sécurité. Lihuoy s'est rendu
compte que la formation était pratique pour les travailleurs de l'accueil car ils pouvaient
apprendre à l'école et sont revenus pratiquer ensemble sur le lieu de travail. Néanmoins, elle a
acquis non seulement ces compétences pratiques en matière d'hospitalité, mais également des
compétences de socialisation qui lui ont remonté le moral sur le lieu de travail. Pour elle, «je
me sentais en confiance car j'avais obtenu des ressources [connaissances] substantielles pour
moi-même.»
À la mi-2018, Lihuoy a été promu chef d'équipe et plus tard en tant qu'assistant du manager.
M. David Meinnel, propriétaire du restaurant Atelier, a affirmé sa potentialité: «Lihuoy qui a
participé [sic] à la formation l'année dernière est maintenant ma directrice adjointe et elle est
l'un des atouts les plus précieux pour notre entreprise, je pense que la formation a montré elle
que l'hospitalité pourrait être un chemin de carrière et que le travail acharné porte ses fruits. "
Lihuoy s'est maintenant retrouvée dans de nouvelles responsabilités de traiter avec des
partenaires commerciaux et de superviser le restaurant du personnel. Mais elle a cependant pu
exercer ses compétences en HoKa pour faire face à la nouvelle réalité de ses responsabilités. «Si
je devais identifier une leçon de HoKa qui m'aiderait à réaliser mon développement, ce serait
ces connaissances en matière d'accueil et de communication»,

mercredi 19 février 2020

Objectif 1 atteint

Steong Keo parait être au bout du monde, surtout quand on ne prend pas le chemin le plus court. On m'avait dit de passer par la route et ensuite la piste, mais je ne savais plus qu'elle faisait 7 à 8 kilomètres, tout en ligne droite dont on ne voit pas la fin. Dy suit sans rien dire, il voulait venir voir cette école. Bonne décision, il va me servir d'interprète car ni le directeur ni le prof d'informatique ne parlent anglais.

2 bonnes heures sont nécessaires à 4 pour installer et mettre en route les 10 ordinateurs





Un peu de cérémonie pour la remise du portable qui servira aux cours






Retour vers les manguiers par une route plus directe, avec un peu plus de cahots après avoir apposé sur chaque ordi une sticker de fortune indiquant son numéro d'inventaire et sa date d'installation.

Je fais de même mardi à Beong Preah, avec quelques difficultés à retrouver les dates d'installation des plus anciens ordis, qui proviennent de sources différentes et pour lesquels je n'ai aucune trace dans la compta de Samaki.

Je profite du beau temps et de mes fins d'après-midi libres pour faire de longues trempettes dans la rivière rafraichissement indispensable.




lundi 17 février 2020

Week-end sans Lyhuoy mais a vec Dy

Tout commence par un samedi matin un peu pertubé : pas de meeting, il a eu lieu hier. Les repères manquent.

Dy m'avait dit qu'il viendrait ce week-end, une semaine de vacances pour lui. Ayant découvert qu'il y avait un tournoi de street football, foot d'intérieur sur un petit terrain, je lui propose d'y aller ensemble. L'accès s'avérant difficile on y va à vélo qu'on laisse sous la garde de l'Atelier. Il faut ensuite marcher un petit kilomètre, chose rare pour Dy. On reste une bonne heure à regarder les joueurs et retour aux Manguiers.

Dimanche matin, petit tour au temple de Beong Preah mais le moine est absent. Le temple est désormais fermé à clé, plus possible de s'y reposer comme je le faisais les années précédentes. Au retour je file directement à Kampot pour aller chercher le portable que je porterai lundi matin. C'est une première, j'ose rouler dans Kampot en moto !

L’image contient peut-être : ordinateur portable et écran

Pas de déjeuner avec Lyhuoy, elle est en cours ce dimanche. Je retourne au Véronica'a où j'avais mes habitudes avant de découvrir l'Atelier, mais la qualité a bien diminuée. Je barre de mon carnet d'adresses.

Pour finir la journée, je profite d'un bon soleil et d'une eau bien chaude, et salée, pour rester un bon moment dans la rivière

samedi 15 février 2020

Fichu vent !

Heureusement que je suis motorisé. Je ne me rappelle pas d'avoir eu un vent aussi violent. A tel point que lors de l'un de mes tours dans les salines, j'ai du m'arréter pour faire une pause. Si l'on ajoute à ça la fraicheur de l'eau qui n'incite pas à la baignade ( le courant est inversé pour quelques jours et l'eau vient de la montagne ), je ne fais pas beaucoup d'exercice.

Ce week-end sera encore calme. Juste aller chercher un portable commandé avant-hier pour compléter ceux de Steong Keo. L'installation se fera lundi matin.

Les cours de français sont toujours aussi mal organisés, le prof ne vient même plus. Il ne me laisse aucun livre ou document qui me permettrait d'assurer une cetaine continuité des cours. Je dois tout improviser, avec un coeur d'une dizaine d'élèves, fort motivées, des filles ! rejointes par une dizaine d'autres qui arrivent avec un minimum de retard de 10, 15 minutes.

Pour ceux qui s'inquiéteraient, le corona virus n'est pas présent dans la région de Kampot.

jeudi 13 février 2020

J'ai osé !

Ca y est. J'ai pris la grande route pour aller au collège. Coup de chance, il n'y avait pas trop de monde ce matin. Tactique pour rentrer dans la circulation : rester à contre circulation à gauche prendre de la vitesse er attendre un trou pour s'engouffrer. Le danger réside surtout dans les motos qui peuvent arriver de n'importe où à toute vitesse, les voiture et camions étant plus visibles. Pour quitter, je n'ai pas osé la méthode locale qui consiste à se déporter complètement à gauche 3 à 400 mètres avant de tourner. Je me suis arrêté, et ai coupé la route à angle droit ! Ce chemin est un peu plus long en kilométrage, mais plus rapide car la route est bien meilleur état que le chemin direct. Il faut juste que je me couvre mieux, à 30 4 kms/h le vent est important et un tee-shirt ne suffit pas.

Toujours pas de nouvelles des ordis commandés. Ils devraient être prêts de week-end et si tout va bien, ils seront livrés et installés lundi, mardi au plus tard.

Quant aux cours à BP, ils roulent sans difficultés, j'y assiste plus que je ne participe. C'est une bonne chose que ces nouveaux profs soient mieux formés et plus compétents. Seuls les cours de français restent sous ma responsabilité totale, le prof s'asseyant maintenant au mileu des élèves et ne sert au mieux que de traducteur.

mardi 11 février 2020

Travail à mi-temps

Les cours s'enchainent le matin. Il en a bien l'après-midi, mais c'est pour les plus jeunes, les 7eme qui apprennent le clavier khmer. Là je ne suis d'aucune utilité.

Les 8eme et 9eme se consacrent à Word, tandis que 10 et 11eme sont sur Excel. Les versions sont un peu anciennes, 2007, aussi ai-je de temps en temps a me remettre dans le bain, nous en somme aux versions 2016, beaucoup plus ergonomiques.

La jeune prof m'a finalement acceptée sans crainte, et je la félicite longuement sur sa pédagogie bien loin du laisser-aller des cours de Sophany.

Je continue à aller sans emprunter la grande route : toujours inquiet de traverser 2 fois le flot de camions à l'aller. Pour le retour, pas de problème, je suis toujours du bon côté.

Encore quelques menus modifications pour les inscription de l'ACLAI. avant d'entreprendre la mise à jour de la base de donnée.

Bien entendu tour de vélo pour garder la forme, mais pas de bain, le temps est trop venteux et couvert, et de plus c'était l'heure du retournement de marée, le courant descendant à vite fait d'éloigner du ponton.

lundi 10 février 2020

Peu d'internet ce matin

5eme tentative pour me connecter !

Il ne me reste que peu de temps car ce lundi matin direction BP pour cette nouvelle semaine. 3 heures de cours ce matin, et 2 l'après-midi, c'est la journée la plus chargée avec un gros trou de 3 heures.

Le week-end s'est passé calmement, après une petite surprise en fin de matiné samedi. Appel du prof de français qui me demande si je peux faire le cours de l'après-midi pour lui car il est..... trop occupé. Je lui dis d'accord pour 4$ ! Il plane un peu déjà la veille, il est arrivé pour son cours mais il n'y avait pas d'élèves : il leur avait dit de ne pas venir, mais il avait oublié !

Pour le reste quelques tours de vélo. Un peu de baignade. Dimanche matin finaliser la commande des 10 ordis pour le nouveau  collège : le vendeur m'avait annoncé un prix remisé de 145$ comme l'année dernière, je lui ai apporté la facture, 135$, gagné !

Repas avec Dy à l'Atelier. Lyhuoy lui commande un menu plus cambodgien, mais comme d'habitude les portions sont trop grosses pour lui ! J'ai aussi pu faire connaissance du patron qui cherchait à me renconter depuis 2 ans, mais celà n'avait jamais été possible.